ARCHITECTURE

La construction de la Bibliothèque Municipale à Vocation Régionale sur le site de l’Alcazar, dans le quartier Belsunce, correspond à une volonté municipale de redynamisation et de requalification du centre ville de Marseille .
Cependant, installer une Bibliothèque de cette envergure , en répondant à l’ensemble des contraintes du projet, a été un véritable pari architectural.

ARCHITECTURE

57 dossiers de candidature, parmi lesquels se trouvaient les plus grands noms de l’architecture française et européenne, ont été reçus par la Ville de Marseille en mai 1997.
5 dossiers ont été retenus, en fonction de leurs compétences et références, pour participer au concours.
C’est l’équipe de Monsieur Adrien Fainsilber qui a été retenue et qui était composée de :
Monsieur Adrien Fainsilber, architecte mandataire
Monsieur Didier Rogeon, architecte associé
Beterem bâtiment, bureau d’études techniques
Lucigny-Talhouet, économiste de la construction

C’est au cabinet de Monsieur Fainsilber que l’on doit notamment la réalisation de la Cité des Sciences et de l’Industrie de la Villette, le Musée d’Art Contemporain de Strasbourg, ou plus récemment le Palais de Justice d’Avignon.

Les aspects innovants de cette bibliothèque :

 
-    Un éclairage naturel maximal mais pas de rayonnement solaire direct.
Une façade translucide en marbre et verre sur le Cours Belsunce,  agit comme un véritable brise soleil, filtrant les rayons du soleil tout en renvoyant efficacement la lumière à l’ensemble des salles de lecture.
Cette façade marbrée est constituée de marbre  placé face intérieure ou en sandwich entre deux verres, ce qui la protége de la pollution atmosphérique ou saline , mais également des graffitis ou des diverses salissures des façades traditionnelles en pierre. De plus, cette façade laisse voir l’intérieur de l’établissement, , afin de rendre visible la bibliothèque depuis l’extérieur.

-    Des espaces intérieurs fluides et lisibles pour le public : La bibliothèque est ARCHITECTUREorganisée autour d’une grande rue intérieure surmontée par une verrière, elle-même surmontée d’une casquette brise-soleil. Sur le Cours Belsunce, c’est l’entrée du public qui passe sous la marquise et entre les boiseries de l’entrée de l’ancien music-hall qui symbolise cette rue intérieure.

-    Récupérer la façade classée de l’ancien music-hallLa marquise et les boiseries de l’entrée avaient subi les outrages du temps et de l’abandon , mais restaient le symbole du prestige du café-concert.Il a donc été décidé de restaurer la marquise, classée monument historique,  et de lui redonner ses lettres de noblesse en l’affichant à l’entrée de la Bibliothèque.La marquise a donc été enlevée pendant l’été 1998, pour être confiée aux ateliers marseillais de ferronnerie Carrera, qui sont les plus anciens ateliers de Marseille (crées en 1857 comme l’Alcazar ! ).Il a été impossible de restaurer la marquise, qui était trop rouillée, mais elle a pu servir de patron pour recréer à l’identique une nouvelle marquise, enrichie de quelques nouveautés technologiques en terme d’éclairages.La bibliothèque de l’Alcazar représente une surface de 20 000 m2, répartie en 2 bâtiments, la partie bibliothèque proprement dite sur 3 niveaux  qui constitue l’ilôt de l’Alcazar, et l’ilôt de la Providence comprenant 4 niveaux et reservé aux magasins et aux services internes . Les 2 ilôts sont reliés par deux passerelles en verre surmontant la rue du Baignoir.

 

Des contraintes liées à la bibliothèconomie

Les réserves, maintenues à température et hygrométrie constantes, sont équipées d’un système original de compactus, rayonnages coulissants se déplaçant mécaniquement sur des rails, afin de créer à la demande des couloirs d’accès aux étagères. Ce système permet d’économiser sur les espaces.De même, une salle de conférences de 300 places en sous-sol a été prévue à proximité de l’entrée de la bibliothèque, de façon à autoriser son fonctionnement en dehors des horaires d’ouverture de la bibliothèque. De réelles innovations techniques ont permis de s’affranchir des 4 poteaux, qui devaient supporter le bâtiment.Un ensemble de 4 ascenseurs panoramiques, entièrement vitrés, permet d’accéder aux étages depuis la rue intérieure. Ils offrent une vue panoramique à 180 °, sans aucune gêne visuelle, puisque totalement dépourvus de poteaux dans les angles.


L’implication d’artistes

Dans le cadre du 1% artistique, un concours international d’artistes a été lancé, afin d’inscrire le nouveau bâtiment dans la mémoire de Marseille.C’est ainsi que le sculpteur Bernard Pagès a proposé de faire traverser la bibliothèque par un ruisseau de métal incrusté et gravé dans le sol en marbre, symbolisant le ruisseau fondateur de la calanque du Lacydon. Ce ruisseau est composé de plaques en inox, gravées de motifs remontant à la présence des Phocéens à Marseille jusqu’au chantier de la bibliothèque . Douglas Martin s’est inspiré des volutes de la célèbre marquise de l’entrée, pour créer des lettres déstructurées sur chaque façade d’ascenseur qui interprétent le nom Alcazar, lorsque les cabines sont arrêtées au même étage. Elles représentent la mémoire en mouvement.Un lustre monumental en spirale dessert l’entrée de la bibliothèque, dans l’atrium qui permet d’accéder en sous-sol  à la salle de conférences ou à la salle d’expositions à l’étage. Il est signé Cooked in Marseille. Il est composé de petits cubes de silicone rouge, éclairés de l’intérieur et suspendus par des tiges d’inox à une immense coupelle en inox.  Il  figure le faste de l’ancienne salle de spectacles.